Bali... L'avion atterrit a Denpasar, au bord de la mer, ou nous voyons deja les premieres vagues qui ont rendu Bali si celebre.
Deja plusieurs semaines que nous vivons loin de la foule touristique. Nous decidons donc d'echapper a la foule legendaire de Kuta et empruntons une succession de bemos jusque Sidemen, un village
situe au coeur de Bali. A notre arrivee, nous restons saisis par la beaute des terrasses de rizieres, gorgees d'eau, et pour la plupart en phase de repiquage. Magnifique... De notre terrasse du
Homestay, nous avons une vue splendide sur ce coeur de vallee, a part, la ou des centaines de personnes y travaillent chaque jour. On ne peut rester que contemplatifs devant la beaute du site,
edifie par les mains de l'homme. Nous restons trois jours a Sidemen, nous baladant dans les vallees voisines (ou les temples hidouistes ont la preference de tous) et tentant d'emprunter
les chemins de digues parfois fragiles des terrasses. Il y en a des jaunes, des terreuses, des inondees, des vert fluo. Dans tous les sens, en hauteur, en diagonale, a droite , a gauche... Dans
ces paysages, il y a comme un hypnothisme qui nous dirait "Restez encore"... Nous resterions encore longtemps, avec la gentille grand-mere qui s'occupe du Homestay. Chaque jour, chaque soir, tous
les membres de sa famille et elle partent faire des offrandes aux quatre coins de leur immense jardin. Et partout dans le village, les habitants se promenent avec des petits paniers de
fleurs ou de riz qu'ils deposent delicatement a chque recoin de Sidemen... Ce sont les chiens qui se regalent...
Nous quittons Sidemen pour la mythique Kuta, la ou les "beaux" surfers viennent chercher la vague ! Demain, Nhung, la soeur de KL, nous rejoint pour quelques jours de farniente... un mot qui se maire bien avec Bali.
Jemli nous propose gracieusement de suivre une equipe de pecheurs qui part pecher en mer chaque soir sur un gros bateau. Ni une, ni deux, nous acceptons sa proposition - Jerome en est deja fou d'excitation !
Nous avons rendez-vous avec Armando, un des amis de Jemli. Lui aussi aime passer ses nuits sur le bateau, aider l'equipe a remonter le filet, et surtout ravi de vider les bouteilles de King (Un alcool local tres sucre...), avec nous ! Le patron du bateau, un des notables de la ville, nous accueille chaleureusement sur son embarcation, nous donnant l'exclusivite d'une pseudo-cabine de deux metres carres pour que nous puissions y passer un bout de la nuit. A 19 heures, nous embarquons. Une quinzaine de pecheurs jouent aux cartes et fument des Kretek (cigarettes aux clous de girofle), en attendant le gros coup de filet. Ils nous regardent longtemps, intrigues par notre presence, mais rapidement, nous lions conversation avec certains d'entre eux. Le plus jeune d'entre eux a quinze ans, il suit l'exemple de ses cousins pour gagner sa vie. Chaque nuit, ils se retrouvent tous sur ce bateau, luttent contre le vent et dorment a meme le plancher. Des centaines de petits bateaux allument leurs lampes a petrole, au large. Ils attirent ainsi de gros bancs de poissons. Des que le coup est flaire, les pecheurs de ces freles embarcations appellent les gros bateaux par radio ou par signaux lumineux. Selon le montant de la peche, ils se verront verser une commission. Avec toute cette vie, nous avons l'impression de voir une grande ville illuminee au large.
Le premier banc est repere ! Ca y est, toute l'equipe s'active. Ils se delestent de leurs pantalons et de leurs pulls, ce qui laisse entrevoir leurs corps fermes et muscles. Ca en dit long sur
leurs conditions de travail. Ils sont a plusieurs pour lancer le filet dans la mer. Un cercle de 200 metres se dessine autour du banc de poissons, sur une profondeur de 48 metres. A l'aide d'un
moteur de camion et d'un systeme de poulis artisanal, deux hommes referment le fond du filet, tandis que le reste de l'equipage debute la remontee du filet. Meme Armando, un peu ivre, tente de
les aider... Deja, les premiers maquereaux sautent dur le plancher du bateau, les autres suivent dans la trappe... A vue de nez, une tonne de poissons se deverse ainsi sous nos yeux. Tous doivent
ensuite disposer le filet dans sa position initiale, se parant ainsi aux prochaines peches. En attendant un nouveau signal, les hommes se reposent, se nourrissent et commencent leur nuit. Nous
les imitons. A defaut de la cabine exigue, deja investie par quelques hommes, nous nous allongeons sur le plancher, entre un filet degageant le fumet de poisson, quelques cafards et d'autres
pecheurs. Quelques heures passent... Nos dos le ressentent bien. Un autre signal parvient au bateau. Le patron se rend sur la barque pour apprecier le nouveau banc de poissons. Son accord donne,
les hommes se lancent a nouveau dans la manoeuvre difficile.
Un spectacle saisissant. Un travail tres difficil...
Le soleil se leve. Face a nous, la terre volcanique, les femmes qui attendent le retour fructueux de leurs hommes, des dauphins qui sautent au large... Une nuit sur un bateau, pas comme les
autres.
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