Mardi 24 juillet 2007

Kuching et ses environs, notre derniere etape malaise. Kuching est la ville la plus importante de de Borneo, celle aussi ou le taux de pluviometrie est l'un des plus eleves au monde. Nous sommes a quelques degres de latitude au nord de l'equateur, et ne pouvons donc echapper aux grandes averses tropicales.

Apres l'experience plutot decevante du centre de rehabilitation des orang-outans de Sepilok, nous decidons de la renouveler, mais du cote de Semenggoh, a quelques kilometres de Kuching. Le beau temps semble etre de la partie et deja, a 8h30, nous debarquons dans un centre mieux amenage, dans un cadre "naturel" plus agreable. Le droit d'entree est dix fois moins cher et nous n'avons pas a debourser un ringgit pour l'usage de notre appareil photo.
Deja, a l'approche du centre, nous voyons quelques touristes, la tete en l'air et l'air ebahi... Un de ces primates roux est deja la, au rendez-vous du petit dejeuner. En ce moment, la jungle dans laquelle lui et les autres evoluent librement n'offre pas de fruits. Ils sont donc incites a rejoindre le centre pour trouver des fruits. L'agile orang-outan, de bonne humeur, cabriole et avec agilite se faufile d'arbre en arbre. Nous sommes comme des enfants, a la vue de cet animal, qui degage une aura magique. Le centre abrite vingt-trois orang-outan, dont certains sont nes il y a peu de temps. Nous aurons la chance d'en voir au moins sept !!! Deux meres et leurs bebes, protectrices a souhait. Les guides nous deconseillent de trop les approcher. Une morsure de leur part nous vaudrait un sejour a l'hopital...  Les meres se nourrissent de leur cotes, tandis que les jeunes s'entrainent a s'elancer d'arbre en arbre plus loin. Ils sont plutot patauds, mais restent toujours plus agiles que nous ! En haut d'une haute branche, un autre orang-outan se balance, avec une amplitude impressionnante, afin de pouvoir en atteindre une autre.

Enfin, le moment magique pour nous reste l'arrivee du grand male dominant Richie. Entre deux branches feuillues, une lourde fourrure orange avance doucement vers la plateforme ou sont poses bananes, papayes et noix de coco. Il casse une lourde branche lors de son passage, tellement il doit etre imposant. Et il l'est, croyez-nous ! A deux metres de nous, fait face un enorme primate, au regard doux. Il ne lache jamais la corde (comme ses autres pairs), tendue entre un arbre et la plateforme. Elle lui permettra de se hisser pour vite fuir le danger. Il est la, nonchalant, arrachant avec vigueur l'ecorce de la noix de coco, et croquant a pleines dents dans ce fruit si dur ! Nous restons devant lui, admiratifs et heureux de voir qu'il existe encore des orang-outans qui sont proteges. Richie et les autres evoluent sur une superficie suffisante, mais ne pourront jamais vraiment sortir de ce cadre. Dehors, ils risqueraient d'etre tues par d'autres orang-outans, ou par des braconniers sans scrupules. Il y en malheureusement encore beaucoup...

par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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Dimanche 22 juillet 2007

Le Twin Otter de la FAX, compagnie aerienne specialisee dans les vols en zone rurale de Borneo, est la, sur la piste devant nous. C'est un vrai coucou a helices, qui ne peut transporter que dix-neuf passagers et peu de bagages. C'est le seul moyen pour nous de rallier le village de Bario. Nous retrouvons a bord, par hasard, un pere francais et ses deux enfants qui partent pour l'aventure a Bario (rencontres sur l'ile de Sipadan), comme nous. Nous faisons partie de ces quelques touristes qui ne savent ce qui les attend vraiment dans cette vallee qui est situee dans la region des Kelabit. Le temps est ensoleille et la vue est imprenable. En dessous de nous et au loin, un tapis vert s'etend. Des hectares de jungle a l'infini...

Apres un stop au village de Murundi ou l'equpe de la FAX charge a bloc les soutes d el'avion de marchandises pour Bario, nous arrivons enfin a destination. Devant nous, un des plus petits aeroports que nous ayons l'occasion de voir, et des habitants venus voir les avion atterrir...

Sur les conseils d'une dame de Miri, nous cherchons une certaine Nancy. Par chance, la voila, accueillant une famille Suisse. Elle semble deviner que nous la cherchons et vient a notre rencontre. Nancy et Harris (ils sont a la mode pour les prenoms a Bario !) sont proprietaires d'un des nombreux "Homestays" de Bario, qui recoivent des touristes perdus, venus chercher le calme et la nature. Ce sejour chez l'habitant est bien different de celui que nous avions vecu avec Florent et Seb ! Ici, tout parait plus chaleureux et rode ! Les chambres sont d'une proprete indeniable et entre deux balades nous avons droit a des repas gargantuesques et delicieux ! Des ingredients pour la plupart venus en Twin Otter de Miri ou encore cueillis dans la jungle. Nous nous baladons le long des rizieres, qui ressemblent plus a des lacs, et decouvrons les maisons longues qui abritent des familles de Kelabit et des Indonesiens venus chercher du travail. Les Kelabit font partie de ces ethnies tres accueillantes, qui ont subi l'influence des Britanniques. Au temps de la colonisation et a la demande des Anglais, les Kelabits se sont convertis au christianisme (Une eglise dans chaque village..) et ont delaisse leurs traditions. L'anglais s'est mele a leur langue. Les hommes et les femmes, dont les corps entiers sont tatoues et dont les lobes sont tombants jusqu'aux epaules, font desormais partie des anciennes, tres anciennes generations. Mais certains Kelabit se battent pour retablir leurs traditions, dans le cadre de programmes speciaux.

La region de Bario est egalement victime de la deforestation grandissante. Les firmes qui commercialisent le bois se frottent les mains au Sarawak ! Les habitants de Bario refusent d'etre relies par la route, afin de preserver leur foret. Une route serait une raison supplementaire pour deforester...

Bario est un village perdu, qui vit des episodes a la "Desperate Housewives" (les petites histoires entre familles sont tres amusantes a suivre...), mais qui semble survivre ! Il n'y a que quelques cabines telephoniqes et un cafe internet qui permettent de rester en lien avec le reste de l'humanite ! Pour rejoindre Miri, au nord, il suffit de rejoindre une riviere, prendre un bateau pendant trois heures et rejoindre ensuite la route qui mene a la grande ville, pour la courte duree de douze heures... Du coup, l'avion est le seul moyen rapide de quitter et de rejoindre Bario.
Les epiceries vendent le strict minimum a des prix exorbitants et l'ecole accueuille les enfants de tous les environs. En effet, il existe des villages encore plus paumes, sans telephone, ni ecole, ni echoppes... Pa Lungan fait partie de ces trous ! Nous y sejournons une nuit, apres avoir suivi un guide Kelabit et son buffle (tres lent...), a travers la jungle et grimpe quelques plateaux qui nous rappellent les Alpes. La jungle est sublime, abritant de grands arbres et une vegetation parfois endemique a Borneo. Les hommes ont creuse a la main cette route, tantot sablonneuse, tantot boueuse, qui relie le village a Bario, voila une quarantaine d'annee. En arrivant a Pa Lungan, le temps s'est encore plus arrete qu'a Bario. Les quelques 90 habitants vivent de la chasse (du cochon sauvage, du porc-epique, du cervide), de la cueillette, avec un ou deux generateurs qui alimentent les familles les plus aisees. Notre guide fait partie de ces dernieres, et fait profiter le village de sa television et de son satellite !!! (chaque soir une dixaine de personnes viennent suivre le feuilleton du style "Les feux de l'amour"). La modernite a su se faire une place malgre tout ! Nous nous etonnons encore de leur priorites, mais admirons leur capacite a vivre si modestement...

Ce qui nous fait aimer Bario, c'est surement notre rencontre avec Nancy. Une fille de la ville qui a suivi son mari Kelabit jusque dans son village, lorsqu'elle avait vingt ans. Elle s'est battue pour survivre, et fait vivre ses cinq enfants, passant ses premieres annees a Bario, a ramasser du sable et a cueillir des herbes pour les revendre. Avec emotion, simplicite et serenite, elle nous livre sa vie et ses envies. Aujourd'hui, avec sa foi en Dieu et en elle-meme, elle reussit dans son business et se permet des vacances en dehors de la Malaisie. Elle a su prendre soin de nous, nous a fait decouvrir l'exellent riz et les juteux et sucres ananas de Bario. Un de ses prochains objectifs est de faire ramener son nouveau 4X4 de Miri. Il suffira de le conduire jusqu'a un embarcadere, pendant douze heures, le demonter pour le transporter sur un bateau, et le remonter ensuite a l'arrivee, a quelques heures de Bario, avant de le ramener chez eux, chez Nancy et Harris. Tout simplement... Qui a dit que c'etait dur de vivre a Bario ?
par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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Vendredi 13 juillet 2007

La tempete s'abat  dans le port de Kota Kinabalu. Hmmm, ca tombe bien, nous devons prendre un bateau pour rejoindre l'ile de Labuan,  et  enchainer avec une autre croisiere en direction de Brunei. Jerome reste rassurant, le ferry semblant repondre aux normes de securite. Le vent souffle tres fort et la mer devient de plus en plus houleuse. Nous embarquons avec une heure de retard... Nous rions de l'effet "manege" une fois le bateau en mer. Ca tangue dans tous les sens, et bientot, les premiers vomissements se font entendre. Lorsque nous n'avons pas les yeux fermes, nous voyons le bateau s'enfoncer dans les vagues. Impossible de fixer l'horizon, il n'y en a plus... Seulement d'enormes masses d'eau qui semblent vouloir nous avaler. En quelques minutes, le visage de Jerome devient tout vert... Heureusement, KL dispose toujours d'un sac plastique dans son sac a dos fourre-tout, et surtout elle, sait rester digne ! Quatre vomis plus tard, et quelques heures de bateau en plus, nous voila debarques sur Brunei, sous le soleil. 

Nous nous attendions a une "Singapour" moins pimpante. Et bien, nous avions raison ! Tout est plutot modeste et calme dans la capitale Bandar Seri Begawan. Les rues sont desertes, ornees de photos du sultan, en l'honneur de son 61eme anniversaire le 15 juillet. Tous les immeubles et toutes les banques se parent de son portait geant. Ca nous fait mal aux yeux de le voir partout... Veritable culte de la personnalite, qui sera confirme lors de notre visite au musee Royal (Kitsch et initeressant au possible...). Le centre-ville est dominee par la tres jolie mosquee Omar Ali Saifuddien. Nous avons la possibilite d'y entrer entre deux prieres, vetus d'une longue robe noire. L'interieur est joli, colore par des vitraux et des tapis orientaux.
Le reste de la ville ne nous enchante pas beaucoup. Nous en voyons d'ailleurs plus lorsque nous quittons la capitale, deux jours plus tard, en direction de Miri, dans l'etat malaisien du sarawak. La route est bordee de maisons gigantesques,au style greco-romano-chinois, kitsch a notre gout. Elles abritent surement les magnats du petrole bruneiens. Des puits de petrole se succedent le long de la cote, et des villages prefabriques permettent d'heberger la main d'oeuvre qui travaillent a l'extraction de l'or noir. Dans ce cote prefabrique, nous sentons que la ressource principale du pays s'epuise. Il ne resterait des reserves que jusque 2030... Et apres ca ?

En attendant, les habitants en profitent bien. A raison de 25 cts d'euro le litre d'essence, de l'absence d'impots, de l'education et de la securite sociale gratuite, ils ont bien raison ! Mais nous imaginons la vie des expats que nous croisons, et surtout celle de leur famille... Ca ne doit pas etre drole tous les jours !

Nous voila repartis pour la Malaisie. Cinq bus, un changement de frontiere et 100 km plus tard, l'arrivee a Miri sous une grosse averse est plutot eprouvante. Nous partons demain conquerir Bario et les Kelabit Highlands, a la lisiere de la frontiere du Kelimantan, en Indonesie. Pas en bus, mais dans un minuscule coucou... Suite des aventures dans quelques jours...

par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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Mercredi 11 juillet 2007

La Rafflesie est une fleur-parasite qui ne peut pousser et grandir dans une foret tropicale humide. Cette fleur, la plus grande du monde, pouvant mesurer jusqu'a un metre de diametre, est endemique a une partie de l'Asie du sud-est (Sud de la Thailande, Malaisie, Philippines et Indonesie). Nous ne pouvons donc nous permettre de rater l'occasion de la voir... Le centre d'information touristique de Kota Kinabalu nous informe qu'une rafflesie vient juste de s'eclore il y a deux jours. La duree de vie de la fleur est de sept jours... Nous decidons d'aller la voir, avant qu'elle ne fane ! Nous sautons donc dans le premier bus pour rejoindre la reserve des rafflesies de Tambunan qui se trouve a 20 km de KK. 1h30 de trajet apres, nous sommes pris en charge par un "ranger" de la foret qui nous emmene jusqu'au tresor garde de la reserve. Le sentier est couvert de feuilles mortes, de racines vermoulues. Apres deux belles chutes de KL sur le derriere (Le renager finit par mettre son pied en guise de protection, a chaque descente !), nous voici arrives a l'endroit ou se trouvent non pas une, mais deux fleurs, ainsi que de nouveaux bulbes. Ces derniers mettent entre huit et neuf mois a s'eclore... En somme, les fleurs qui se presentent a nous sont nes au moment de notre depart de la France... Elles sont splendidies, mesurent 36 cm de diametre (la taille maximum de la fleur dans cette foret). La texture des petales fait penser a de la cire.

Voila nous l'avons enfin vue, cette fameuse rafflesie ! Encore une heure d'attente de bus dans le froid, une heure trente de transport jusque KK... Tout ca pour une fleur, mais quelle fleur !!!

 Photo rafflesie

par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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Samedi 7 juillet 2007
Il est 8h30, nous embarquons avec d'autres touristes dans le bateau qui se rend a Sipadan. On ne sait pas trop ce qui nous attend. Il parait que c'est une ile extra pour la plongee, on espere pouvoir se debrouiller en snorkelant ! Le bateau fonce a travers la Baie de Semporna, veritable lieu d'echanges entre les differents villages sur pilotis qui poussent ici et la. On s'arrete en route sur l'ile de Mabul (ca ne s'invente pas!), accueillis par un groupe de musiciens locaux qui nous joue la chanson de bienvenue ! La journee commence bien. Apres avoir recupere d'autres plongeurs, nous repartons et nous voici bientot en vue de l'ile de Sipadan. Cette ile est formee de coraux qui se sont amoncelles sur le cratere d'un volcan. Le lagon qui entoure l'ile tombe brusquement dans les abysses. Un veritable mur vertical de 600 metres se trouve a 20 metres du bord, creant un ecosysteme exceptionnel tres accessible.

Le bateau accoste sur la plage et on debarque tous les quatre, accompagnes par un jeune francais. On est les seuls du bateau a ne pas plonger. Les masques et palmes sont vite enfiles, l'exploration peut commencer. On a a peine fait 20 metres que l'on se retrouve au bord du gouffre immense, le bleu turquoise du lagon faisant place au bleu marine des profondeurs. Nous longeons donc cette cassure, lieu de vie extraordinaire. Les coraux multicolores volent la vedette aux hordes de poissons tropicaux plus beaux les uns que les autres. Des requins de recif longent ce tombant a la recherche d'une eventuelle proie, des merous au costume de leopard flanent entre deux anemones. C'est feerique. On ne sait plus ou regarder tellement il y a de vie sous nos yeux. Soudain, au detour d'une cassure, on se retrouve face a un banc gigantesque de carangues. Immediatement, on se precipite au milieu des poissons qui bientot nous entourent. On se croirait dans un de ces documentaires du commandant Cousteau ! C'est magique. L'exploration continue ainsi plus d'une heure jusqu'a ce que nous nous retrouvons dans un courant assez violent qui nous emmene au large. Peniblement nous essayons de regagner la cote. On se retrouve alors dans les herbiers et bientot les premieres tortues sont en vue. Elles sont des dizaines a brouter tranquillement. On finira par les observer les pieds dans le sable blanc. Voila ce que nous verrons tout au long de la journee avec juste un masque et un tuba dans moins de 5 metre d'eau. L'ile de Sipadan est vraiment un paradis, la representation parfaite de la carte postale que l'on reve tous de decouvrir !

A 16h il est deja temps de rentrer. Apres un stop a Mabul et l'inevitable chanson du depart, on retrouve notre hotel sur pilotis et apprecions un joli coucher de soleil sur la baie de Semporna. Nous nous endormirons la tete pleine de couleurs en revant de retourner un jour sur l'ile de Sipadan.
par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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Samedi 7 juillet 2007

La chaleur est insoutenable dans le taxi qui nous conduit jusqu'au village ou nous passerons quelques jours chez l'habitant. Nous sommes entasses a quatre sur la banquette du milieu, tandis qu'une famille se tient tranquillement a  l'arriere (sauf le petit garcon qui nous tousse bruyamment dans les oreilles...). La voiture s'arrete sur un pont, en plein milieu de la route. Plus bas, nous avons rendez-vous avec un bureau specialise dans l'eco-tourisme communautaire. Les habitants du village qui jouxte le pont se sont regroupes pour proteger les environs du fleuve Kinabatangan. Ils permettent a des touristes comme nous de passer quelques jours chez l'habitant et de visiter la nature environnante. Bonne initiative, un peu coco, mais au moins, ils prennent les choses en main pour la survie de leur village !

Nous sommes tranferes dans la famille d'un ancien pecheur, Mr Frederick, qui vit avec sa femme, sa fille et son gendre, quatre de ses petits-enfants, dans une tres grande maison. La premiere impression est plutot bonne. les murs sont blancs, les chambres petites mais propres. la famille se met en quatre pour installer nos lits. On dirait que c'est la premiere fois qu'ils accueillent des etrangers. La maison parait presque inhabitee, tant le grand sejour n'est pas meuble. Nous sommes invites a dejeuner sur le grand tapis, avec le grand-pere. Ce dernier nous presse pour manger a la main, riz, poisson grille, poulet en beignet et quelques legumes. Imaginez-nous, maladroits et ne souhaitant pas le vexer pour rien au monde... Entre un Seb vegetarien, un jerome qui n'aime pas le poisson, un Florent qui s'essuie les mains avec une lingette desinfectante et une KL qui fait tomber tout le riz sur la table... On se retient de rire...

Nous partons en bateau pour une promenade fluviale sur le tres joli Kinabatangan, en fin d'apres-midi. Les couleurs du soir sont incroyables, le vert des arbres tout ausi lumineux que le marron laiteux de l'eau du fleuve. Nous cherchons attentivement le moindre des mouvements. C'est a cette heure-la que les animaux sortent se nourrir et profiter des derniers rayons de soleil. Un festival ! Des macaques, des nasiques (Primates au grand nez et a l'estomac ballonne), des toucans, un varan. Ils s'amusent a virevoleter d'arbre en arbre ou a se reposer nonchalemment sur une branche, seul ou en famille. Certains font des vols planes de plusieurs dizaines de metres. Nous sommes ebahis. C'est epoustouflants que de voir tous ces primates evoluer librement, sur des terres qui sont malheureusement de plus en plus deforestees par l'homme. Nous apprenons que la population des elephants du coin tend a diminuer d'annee en annee.

Nous rentrons heureux comme des enfants. La route jusqu'ici en vaut bien la peine... Et nous devrons bientot nous repeter cette phrase toutes les minutes... La nuit qui nous attend sera sans doute l'une des plus terribles...
Nous prenons l'apero, devant un feuilleton asiatique kitsch et violent qui passe sur la grande television que le grand-pere a fait descendre de l'etage, rien que pour nous... Quelle gentillesse... Apres un diner avorte par l'invasion d'insectes de nuit dans nos assiettes, nous devons nous resoudre a une toilette plus que sommaire. L'eau de la douche qui coule du robinet est "jaune-pisse". Sans doute n'est-elle pas filtree, mais pour le moins inspirante pour LA douche salvatrice du soir... Nos peaux sont ultra-moites, il doit bien faire trente degres a 19h. Nous passons la soiree a jouer au Yams, pour oublier tous ces insectes et cette chaleur. Flo, Seb et KL sursautent au mondre effleurement bestial. Jerome tente de dedramatiser la situation... Qui sera de plus en plus "dramatique"... Apres une tentaive de nettoyage de nos visages et de nos pieds dans l'evier de la cuisine (ou trainait encore un vieil os de poulet), nous rentrons dans nos chambres, plutot extenues. Seb, intrigue par deux taches noires sour le sac de Jerome, nous entraine dans sa peur des insectes, lorsque nous prenons tous conscience qu'il s'agit d'horribles cafards noirs, de plus de cinq centimetres de long !! Rapide comme l'eclair, l'un d'entre eux se refugiera dans notre lit ! Yeurk ! Armes du bagon anti-moustique (qui n'a aucun effet sur les cafards !!!), de spirales anti-insectes, nous enfumons les deux chambres pour vaincre l'ennemi ! L'horreur se lit sur nos visages ! La nuit risque d'etre longue. Nous bavardons un moment et decidons de rejoindre nos chambres respectives pour tenter de dormir. Jerome veille grace a sa Game Boy, KL dort enveloppee de son sac a viande, au risque de se reveiller trempee de sueur. Seb et Florent dorment chacun a leur tour, la lumiere allumee, des serviettes aspergees de produits anti-moustiques qui bloquent le jour entre la porte et le sol. Vers 1h du matin, de retour des toilettes (toujours aussi immondes), Jerome croise Flo et Seb. Une reunion d'urgence s'impose !! Personne n'arrive a fermer l'oeil... Nous decidons de partir le lendemain, en debut d'apres-midi, apres le trek que nous avions prevu... Apres une derniere lutte coriace avec un cafard geant (KL l'a noye avec du Bagon sans succes, l'a ecrase plus de quinze fois pour en arriver a bout !!!), chacun dort comme il peut. Nos yeux sont bien enfles a 7h, lorsque le reveil sonne. L'heure de la delivrance...

La grand-mere nous demande au matin pourquoi nous n'avions pas utilise les moustiquaires (enfouies dans des sacs plastiques dans un coin de la salle, merci la grand-mere !!!)... Ca ne nous empeche pas de partir, bien decides, malgre la gentillesse de la famille... Une nuit chez l'habitant, oui, mais pas une nuit avec les betes !

Nous en rions ensemble sur la route de Semporna. La jungle, un milieu hostile... une sacre experience pour chacun d'entre nous. Comment depasser ses angoisses ? On ne sait toujours pas, mise a part attendre que la nuit passe... Vivement l'ile de Sipadan, sa plage et sa faune aquatique...

par KL & Jérôme publié dans : Malaisie
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