Alors que l’actualité française est rythmée aux grés des sondages que suit avec passion la majorité de nos concitoyens, nous nous retrouvons régulièrement pour suivre les aventures de Kim Ly et Jérôme sur ce blog. Un dépaysement momentané salvateur (surtout quand on est au bureau) par la lecture de récits qui ont souvent l’intérêt de chercher à retranscrire l’ensemble des sensations ressenties par nos deux aventuriers durant la ou les journées écoulées. Souvent, tout y est décrit : les paysages, les bruits, les odeurs, mais aussi les frissons et les bouffées de chaleur, qu’elles aient été provoquées par le climat ou par ou par des personnes… Ainsi, hormis l’amitié voir l’amour qui nous lient à eux (je t’aime Jérôme), Tuyet Nhung (la jolie sœur de Kim Ly) et moi-même (Vladimir, veste rouge, toque ébouriffée sur les photos) avions hâte de les rejoindre et de vivre, nous aussi, quelques instants magiques ou, en tout cas, quelques jours coupés de tout. C’est ainsi que nous avons débarqué à Bangkok. Ensuite, tout s’est enchaîné de façon tellement rapide que j’ai mis une semaine à faire le tri et à rédiger à leur demande ce petit article sensé décrire notre vision de leur démarche et de leur quotidien. Et j’y viens :
Quand on découvre le blog de nos deux bourlingueurs, on se pose bien des questions, encore plus quand on lit ce qu’il y a entre les images (autocritique). Et parmi ces questions, j’en choisirai deux très générales, susceptibles l’une et l’autre de générer chez les débateurs polémiques voir agacement : pourquoi ce voyage et pourquoi ce blog ? Les premières réponses venant à l’esprit sont : l’enrichissement personnel et le partage. Ainsi, comme décrit plus haut, chaque article fait référence à des événements vécus et tente de le décrire le plus précisément possible. Donc du point de vue de Kim Ly et Jérôme, l’évidence est que ce blog leur permet de garder contact avec leur famille, leurs amis, leur culture, tout en permettant à tout un chacun de partager leurs découvertes et expériences. Toutefois, à partir du moment ou KL et J ont créé ce blog, leur « bébé » leur a échappé et se retrouve avec 400 parrains hebdomadaires (affluence moyenne) en droit de critiquer la façon dont il est élevé ! Personnellement, je n’émettrai pas de critique négative. Certes il y a toujours une part d’exhibitionnisme dans une telle démarche, mais en ayant vécu à leurs côtés, j’ai pu saisir à quel point la rédaction de ce blog pouvait autant les amener à penser, trier et même apprécier encore d’avantage les évènements vécus. J’en arrive (enfin) à ce que j’ai retenu de cette aventure et ce que je pense de leur voyage. Ce dernier a été préparé minutieusement, financé grâce à une rigueur financière que l’on pourrait résumer par un mot italien : spaghetti. Ils ont beaucoup étudié, beaucoup lu, passé beaucoup de temps à choisir/sélectionner, mais ils ont surtout fait une chose : ils l’ont fait. Et les personnes que nous avons retrouvées après 4 mois d’aventures ne sont pas les mêmes personnes que nous avions quittées il y a 4 mois. Ils ont été enrichis par tout ce qu’ils ont vécu. Loin d’être devenus des babas-cool mystiques désireux de monter une guest-house au fin fond du Laos et de fuir toutes les réalités de l’économie de marché, ils ont, au contraire, plus que jamais conscience qu’ou que ce soit, les problèmes sont les mêmes : argent, maladie, discrimination, mais que dans ces pays qui sont plus pauvres que notre vieille France (patience c’est en train de changer) on cherche d’avantage à survivre qu’autre chose. C’est sans doute de là d’où vient l’obsession des asiatiques pour l’argent, mais aussi leur générosité et leur gentillesse spontanée. Car, quand on a rien à perdre, on a tout à gagner et on a souvent moins peur de l’inconnu. Pour revenir à notre sujet, leur connaissance de ces mondes, qu’ils essayent de nous transmettre, leur permettra sans nul doute de poursuivre leur vie future avec de nouvelles armes, intellectuelles et même spirituelles qui leur permettront de mieux gérer les soucis quotidiens, qu’ils soient graves ou, bien souvent, superficiels.
Pour finir, (j’imagine que peu de personnes auront tenu jusque là alors bienvenu dans la conclusion) je dirai que tandis que nous sommes tous obsédés par la malbouffe et la quête d’une vie plus longue, Kim Ly et Jérôme pose une autre question, celle de ce concept qui fait l’objet de tant de débats mais que l’on oublie trop souvent de chercher véritablement et efficacement : le bonheur. Vivre le plus longtemps une vie sans saveur est-il si intéressant que cela ? Etre en bonne santé (chance parmi les chances) mais ne pas en profiter et se la gâcher avec des futilités est-il nécessaire ? En effet, l’argent est quelque chose d’indispensable pour évoluer au mieux sur cette planète (ce voyage, impossible à réaliser sans argent en est la preuve), mais on peut toutefois se poser des questions sur les satisfactions matérielles qu’il procure et aux choix erronés qu’il nous amène souvent à faire. Nous qui lisons ce blog devant notre écran d’ordinateur, assis à notre bureau, au boulot, pourquoi n’en ferions-nous pas autant ? Ce voyage avec tout ce qu’il implique, effectué grâce à l’effort « contre-nature » (adieu les soldes) qu’on effectués Kim Ly et Jérôme en se privant durant plusieurs mois vaut selon moi, cent fois plus que n’importe quel home cinéma, n’importe quelle collection de DVD et n’importe quelle console de jeux vidéos. En plus, je les ai trouvés plus affûtés qu’après 4 mois dans n’importe quelle salle de gym à 1300 euros l’année ! Tout est finalement question de priorités, mais surtout de volonté. C’est sans doute, en plus des merveilleuses expériences qu’ils nous racontent et qu’on a pu vivre à leurs côtés, la leçon que je retiens de ce blog et de ces presque-2 semaines qu’ils ont partagées avec nous. Oui, le bonheur parfois ça se rencontre, mais le plus souvent ça se provoque et/ou ça se crée.
Merci et bons voyages…
NB de KL : enfin, pour la vraie version, on ne s'est pas trop prives de vin, biere et fromage... Et merci pour ces mots...

Vos commentaires